BELENITOUGOU : La tradition célébrée dans une ferveur contagieuse

malisnews

Placée sous le signe de la paix et la réconciliation, socle du développement local, il y a avait foule à la nuit culturelle de l’édition 2017 du festival  Bèlènitougou de Somasso.

 Située à 35 km de Bla, dans la 4e région administrative Ségou, Somasso est une localité qui regorge d’énormes potentialités culturelles, artistiques et touristiques.

C’est pour mettre en valeur ces opportunités de développement, à travers une vision globale qui se traduit par des actions concrètes dans le but d’accélérer l’intégration et soutenir la croissance économique que le « festival Béléni Tugu de Somasso » a été lancé en février 2015 par l’Association pour le développement de Somasso et la mairie.

Comme à l’accoutumée, la commission d’organisation a offert aux milliers de festivaliers un concert géant qui a mis fin aux activités de la deuxième journée. Ce méga-concert a mobilisé, selon ses organisateurs, plusieurs milliers de participants venus d’un peu partout du Mali.

Durant cinq heures, les artistes partenaires du festival ont tenu le public somassois en haleine.

A 22 h 40 sur les flancs du Bèlèni, lieu sacré qui symbolise la fête, les spectateurs, l’artiste musicien « Jeune Compétent », accompagné de ses danseurs, a littéralement électrisé la foule avec son morceau « Aw ka ben »

Dans la foule, une dame de taille moyenne, tanguera la tête au rythme de la musique du jeune artiste. Assise à la loge officielle, Mamou Ballo faisait partie de gens qui participaient à la nuit artistique. « Je suis un peu fatiguée, mais ça va, le spectacle est bon », confiera-t-elle. « Aujourd’hui est un nouveau jour pour Somasso. Je crois que cette vision novatrice, ambitieuse et réaliste des ressortissants du village se propose pour faire avancer notre Commune et relever les défis majeurs du développement », a-t-elle confirmé.

Le programme poursuivra son cours avec les animateurs du spectacle qui multipliaient les messages du terroir. Certains spectateurs commençaient à somnoler, car, de leur point de vue, l’animation n’était pas à la hauteur. « Il n’y a rien de comique dans cette animation », assurait un jeune de Dossourousso allongé à même le sol.

Voilà deux heures que le concert avait débuté avec la foule comme prise de délire. Il y a de quoi, car c’est le célèbre balafoniste Dabara et sa cousine Mamou Sidibé, les monstres sacrés de la tradition malienne, qui montaient sur la scène. Le duo entre en scène sous les applaudissements nourris des spectateurs.

Vêtues de bogolan, les stars souhaitent la bienvenue à leurs fans avec un morceau magnifiant Somasso dans sa riche diversité culturelle. Le moment fort de sa prestation a été la chanson dédiée au président de l’ADS, Markatié Daou, chargé de communication au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme.

Moustapha Coulibaly, un membre actif de l’Association pour le développement, résidant à Bamako, est en train de se trémousser. « C’est la troisième fois qu’on célèbre cette manifestation culturelle digne d’un rendez-vous populaire. Je suis très impressionné de voir Dabara, Mamou Sidibé chanter Somasso. Ça encourage le retour aux valeurs qui est gage de tout développement durable », dira notre interlocuteur.

Il est 1 h 35, la fatigue se sentait sur les visages. Une surprise signe sa présence. Il s’agit de Nouhoum Camara, le célèbre artiste dans le genre « zikr ». Un trio sur scène pour produire à la dimension. Une vraie scénographie qui a fait la particularité de cette année.

Habillé en boubou rouge, un homme de teint noir très impressionné de l’initiative laisse entendre que lorsqu’il y a l’épanouissement culturel et économique dans une commune, forcément la cohésion sociale, l’éducation et la formation vont se suivre.

« Cette nouvelle forme de célébration va créer un cadre d’échanges entre les ressortissants et population pour échanger sur Somasso dans toutes ses dimensions », soulignera le directeur du premier cycle de Touna, Boubacar Dembélé, ajoutant le caractère positif de la manifestation.

Pour M. Dembélé, qui a fait un trajet de plus de 45 km, c’est un moment de brassage des arts et des peuples et c’est cela qui est recherché.

Bréhima Sogoba

Envoyé spécial

L’IR

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