C’est parti pour le Yokoro ou « Bouffonnerie d’enfants »

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Le ramadan ayant débuté déjà depuis quelques jours, est aussi le moment de la traditionnelle pratique ‘’Yokoro’’. C’est une pratique courante au Mali au 10èmejour du mois de ramadan et qui avait fait objet d’une pétition afin qu’elle fasse partie des patrimoines culturels immatériels de l’Unesco.

Sitôt le 10ème jour du mois de ramadan, ils (filles et garçons) prennent  nuitamment d’assaut les ruelles et prennent en otage toutes les maisons. Les garçons armés de bâtons ou de baguettes, de vielles boites de conserves en guise d’instrument de percussion tandis que les filles, calebasses remplies d’eau, sur la tête et des louches traditionnelles, ils volent un sourire à chaque personne qui les aperçoit. Les garçons qui s’adonnent à cette pratique sont nommés » Yokoro » et les filles « Salawale-wale ». La quintessence de ce vaste mouvement, tient au fait qu’elle est héritée d’une longue et riche tradition. Cette pratique dans le temps était faite pour faire l’aumône de l’année surtout durant le mois de ramadan.

Des enfants déguisés en Yokoro, CP: UNICEF

En effet, c’est une tradition au Mali qui permet aux enfants de faire le Yokoro qui consiste à aller de porte à porte en chantant, en battant les instrument cités en dessus et en dansant jusqu’à ce que les familles leur donne de l’argent ou des céréales.  Ce sont toutes les contrées du pays,  et les quartiers des villes qui vibrent au son de ces enfants durant le reste du mois de ramadan.

Ils font rire par leur posture surtout les garçons qui n’hésitent pas à se mettre de la craie sur tout le visage, à porter de gros boubous en y mettant sous leur ventre des habits pour imiter les vieux au ventre rebondi. Ils font toutes sortes d’acrobaties, l’essentiel est qu’on leur récompense.

Des filles qui font le Salawale wale, CP: Malick Sidibé

Etant originaire de Tombouctou, cette ville aussi tremble au putsch de ces enfants et on appelle cela ‘’Djoroidje’’ et les manières de procéder sont pareilles la seule différence c’est que les chansons sont traduites dans la langue autochtone : le Sonrhaï.

L’argent récolté de ces sorties nocturnes est jalousement gardé par une personne choisie par le groupe et c’est généralement le plus âgé qui le garde. Après le ramadan, ils font la fête avec l’argent et préparent de bons plats et doivent amener le reste des nourritures à la déesse de l’eau  dans le fleuve pour qu’elle veille sur les autres enfants les années à venir. Le rite est fait de sorte que la personne qui amène la nourriture au fleuve la verse et continue son chemin sans pour autant se retourner.

Au fil des années, cette pratique que même moi dans ma tendre enfance a eu à faire est en train de s’estomper, les enfants ne le font plus bien car les chansons s’apprennent et la manière de frapper les instruments. On dit même que les chansons du Yokoro ne doivent être chantées que pendant le mois de ramadan compte tenu de la signification  car en Afrique la parole est sacrée. Les enfants  se font de plus en plus rares dans cette pratique or l’année dernière, beaucoup d’acteurs de la culture malienne avaient engagés une pétition à l’endroit de l’Unesco pour qu’elle soit dans la liste des patrimoines d’expressions à pérenniser. Je pense qu’il faut que les parents jouent ce rôle de transfert de connaissances afin que les futures générations continuent de nous ébahir en nous rappelant nos délicieuses années d’enfance.

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