Daesh révèle le choc de la civilisation humaine contre la barbarie

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Dans une tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde daté du 18 décembre, le penseur musulman Fethullah Gülen exprime sa révolte face aux crimes perpétrés par Daesh. L’instigateur du Hizmet, un vaste mouvement civil d’inspiration religieuse qui met l’accent sur l’éducation dans le monde entier, appelle ses coreligionnaires à procéder à un examen critique de la compréhension de leur foi.

L’imam Fethullah Gülen, une figure importante de l’islam turc qui a su influencer des millions de personnes dans le monde entier grâce au mouvement Hizmet qu’il a lancé dans les années 60, a publié une tribune intitulé « Musulmans, procédons à un examen critique de notre compréhension de la foi » dans le journal Le Monde.

Celui qui se dit « triste et révolté face au carnage perpétré par les groupes terroristes du soi-disant Etat islamique » condamne ces djihadistes qui ont « drap[é] de religion leurs idéologies perverties ». « Ce que nous sommes en train de vivre n’est pas un choc des civilisations, mais plutôt le choc de la civilisation humaine contre la barbarie », écrit-il.

La double responsabilité des musulmans

Gülen rappelle que les musulmans doivent non seulement combattre la « barbarie » qui s’est abattue sur notre « humanité commune » mais également « restaurer l’image ternie de notre foi ».

Rappelant que l’affiliation à l’islam exigeait des actes concrets (un comportement vertueux) et non des slogans oiseux, le penseur turc estime que « le véritable test pour nos croyances, c’est de vivre en conformité avec les principes fondamentaux communs à toutes les grandes religions du monde, tels que la préservation du caractère sacré de la vie humaine et le respect de la dignité de tous les êtres humains ».

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« Notre civilisation ne progressera pas tant que nous ne considérerons pas les souffrances de tous les êtres humains, quelle que soit leur identité religieuse ou ethnique, comme également tragiques, tant qu’elles ne suscitent pas la même empathie et la même détermination », argue-t-il.

Les musulmans doivent se débarrasser de cette facilité qui consiste à invoquer les « théories du complot »

« Les musulmans doivent rejeter les théories du complot, qui n’ont servi jusqu’ici qu’à éviter d’affronter la réalité de nos problèmes sociaux », écrit Gülen qui appelle les musulmans à un sursaut de lucidité. Ces derniers doivent se demander pourquoi la oumma sert de « terrain de recrutement pour des groupes animés par une pensée totalitaire ».

« Notre incapacité à instaurer les droits de l’homme et les libertés fondamentales, l’Etat de droit, et à créer un esprit pluraliste au sein de nos communautés a-t-elle conduit les plus vulnérables d’entre nous à chercher des voies alternatives ? », s’interroge-t-il.

La lutte contre l’extrémisme passe par l’éducation des jeunes

L’imam turc exhorte les croyants, du théologien au musulman ordinaire, à unir agir de concert avec les autorités pour lutter contre l’extrémisme.

La jeunesse, l’avenir de la oumma, le préoccupe particulièrement.

« Nous devons apprendre à notre jeunesse la manière démocratique d’exprimer ses opinions. Les programmes scolaires doivent s’en faire le vecteur, et ce, dès le plus jeune âge », clame-t-il.

Il appelle enfin à « procéder à un examen critique de notre compréhension et de notre pratique de l’islam, à la lumière des conditions et des exigences de notre époque et des interprétations de notre temps ». Un exercice audacieux qui ne signifie pas « rupture avec la tradition islamique » mais un « questionnement intelligent à même de confirmer les enseignements véritables du Coran et de la tradition prophétique ».

Ce questionnement passe nécessairement par une amélioration des lectures du passé. « Il est non seulement possible, mais encore impérieux de faire revivre cet esprit de la liberté de pensée qui est à la base de la renaissance de l’islam tout en restant fidèle à la philosophie de la religion », insiste-t-il.

Un musulman ne saurait être une source de problème mais devrait faire partie de la solution, conclut Fethullah Gülen. Une autre manière de rappeler le hadith du Prophète qui avait décrété jadis : « Le musulman est celui dont les gens n’ont à redouter ni sa main, ni sa langue ».

Source: www.zamanfrance.fr

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