USA 2016 : Trump en quête de soutiens au Congrès dans l’affaire Khan

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Donald Trump a appelé lundi les sénateurs et représentants républicains à la rescousse, à l’heure où ses attaques sur les parents d’un capitaine musulman de l’US Army tué en Irak sont mal reçues par les responsables de tout bord.

Les critiques qu’a formulées Donald Trump à l’égard de Khizr Khan et Ghazala Khan, montés sur l’estrade la semaine dernière à la convention démocrate de Philadelphie, ont déclenché la consternation de plusieurs élus républicains et mettent en évidence la fragilité de son alliance avec le Grand Old Party.

Le sénateur républicain John McCain, candidat à l’élection présidentielle en 2008 et l’un des plus illustres anciens combattants de la chambre, s’est rallié aux protestations, signe de la place particulière qu’occupe l’armée pour nombre d’Américains.

« Bien que notre parti l’ait investi de la nomination, cela ne s’accompagne pas d’un permis de diffamer les meilleurs d’entre nous », a dit le sénateur et vétéran de la guerre du Vietnam, où il a été tenu prisonnier pendant cinq ans.

Rob Wasinger, qui travaille avec les équipes de Donald Trump au Parlement, a envoyé lundi un email à plusieurs collaborateurs de haut rang au Sénat, avec cette demande: « Nous voulons obtenir plusieurs déclarations de membres (du Sénat) aujourd’hui sur ce sujet, et nous vous serions très reconnaissants pour votre aide ».

Des éléments de langage utilisables par les sénateurs étaient joints à la requête en vue de minimiser la controverse déclenchée par la prise de parole des Khans, parents du capitaine Humayun Khan mort dans l’explosion d’une bombe en 2004, à la convention démocrate.

Selon un autre collaborateur, un message similaire a été envoyé aux élus républicains à la Chambre des représentants. Ces demandes n’ont semblé déclencher aucun soutien.

Héros de l’Amérique

En effet, les sénateurs républicains sont satisfaits de la position adoptée dimanche par Mitch McConnell, chef de file de la majorité républicaine au Sénat, a estimé un collaborateur républicain à la chambre.

Mitch McConnell a salué le défunt capitaine Khan comme un « héros de l’Amérique » et a estimé qu' »une interdiction de voyager pour tous les membres d’une même religion est simplement contraire aux valeurs de l’Amérique ».

Sans prononcer le nom de Trump, le président Barack Obama a rappelé lundi que les familles ayant perdu un proche au combat devaient être honorées.

« Personne n’a donné davantage pour notre liberté et notre sécurité que les familles Gold Star », a-t-il dit en référence à la décoration que reçoivent les familles dont les enfants sont morts sous les drapeaux. Elles « ont fait un sacrifice que la plupart d’entre nous ne pouvons même pas imaginer. Elles représentent le meilleur de notre pays », a-t-il ajouté.

L’association d’anciens combattants Veterans of Foreign Wars (VFW), qui compte 1,7 million d’adhérents, a jugé que le candidat républicain était allé trop loin.

« Année électorale ou pas, la VFW ne tolérera pas que quiconque s’en prenne à un membre d’une famille Gold Star pour avoir exercé sa liberté de parole » a dit son directeur national, Brian Duffy.

Correction politique

Dans une déclaration lors de la convention nationale démocrate jeudi, Khizr Khan, père d’Humayun Khan, avait apostrophé le milliardaire pour l’accuser de « ne rien avoir sacrifié » pour son pays et de « dénigrer de manière systématique » les musulmans, tandis que sa femme Ghazala se tenait silencieuse à ses côtés.

Affirmant être la cible d’une attaque « malveillante », Donald Trump a exploité le silence de Ghazala Khan en suggérant qu’elle n’avait pas été « autorisée » à s’exprimer.

Interrogé lundi sur CNN, Khizr Khan a expliqué vouloir maintenir la dignité de sa famille et transmettre à Trump un message: « L’empathie est le trait d’un bon dirigeant ».

« C’est un sentiment simple, se rendre compte, ressentir les souffrances, les difficultés des gens que vous entendez diriger. Et cela lui fait défaut », a estimé Khan.

Empêtré dans cette polémique, Donald Trump a tenté de trouver une sortie honorable en affirmant que le problème n’était pas Khizr Khan mais « le terrorisme de l’islam radical ».

Donald Trump s’était déjà attiré des foudres sur la question de l’engagement militaire, un sujet très sensible aux Etats-Unis. Il avait ainsi estimé que le sénateur républicain John McCain n’était pas un héros de guerre puisqu’il avait été prisonnier de guerre pendant cinq ans durant la guerre du Vietnam.

Dans une lettre ouverte, une dizaine de familles américaines ayant perdu un proche dans un conflit armé ont demandé des excuses au candidat Trump.

« Cela dépasse la politique. C’est une question de décence », écrivent-elles. « Le genre de décence que vous railliez comme de la correction politique », ajoutent-elle à l’adresse de l’homme d’affaires.

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